Budget de l’état de vaud sous la loupe du plr

par Marc-Olivier Buffat, député, président du groupe PLR au Grand Conseil

point fort

Quelques chiffres pour se faire une idée : +2,5 % de hausse des charges courantes 2018 alors qu’elles n’étaient que de 1,9  % au budget 2017 avec une prévision de la hausse du PIB Vaud à 2,1 % en 2018. Le bénéfice purement symbolique de CHF 61 000.– sur un budget total de 9,5 milliards montre que l’équilibre ne tient qu’à un fil. Il suffirait d’un brusque revirement de conjoncture, (chute de la bourse, hausse des taux d’intérêts, etc.), pour changer la donne.

L’équilibre budgétaire laisse songeur. Ainsi, on voit l’apparition de 62 millions de recettes provenant de la part au bénéfice de la BNS, poste qui n’était pas comptabilisé dans les budgets antérieurs. Si l’on fait le parallèle des présentations avec 2017, le budget 2018 est déficitaire. Intégrer cette recette vise plutôt à masquer la réalité des chiffres.

La dette franchira en 2018 le cap du milliard. Voilà donc le retour à une situation chronique d’endettement pouvant dépasser les 3 milliards en fin de législature, soit le niveau d’endettement du canton de Vaud en 2007-2008. Rien n’indique au surplus que le taux d’intérêt de la dette reste à des taux actuels historiquement bas.

En matière d’augmentation du budget «The winner is»: le DSAS, le Département de Pierre-Yves Maillard. Avec une hausse des dépenses de 134 millions pour l’action sociale (+5,9 %), le budget du DSAS représente une charge brute de 3,7 milliards qui pourrait dépasser les 4 milliards en 2020. Un département à l’appétit gargantuesque qu’il faudra bien modérer… Des augmentations qui sont de facto répercutées dans la «facture sociale» à régler par les Communes. De quoi parle-t-on ? De 30 millions pour les bourses, de 50 millions pour l’aide à l’insertion des jeunes sans oublier la montée en puissance de l’aide aux subsides à l’assurance maladie – soit le volet social de la RIE 3. Cette hausse chronique des charges depuis 2012, non maîtrisée, nécessiterait un changement de politique et de paradigme clair.

L’augmentation de la population, seule, ne saurait convaincre pour expliquer ces hausses. Depuis le début des années 2000, le budget est passé de 5 à 9,5 milliards, soit une hausse de 70 %. La population quant à elle n’a augmenté que de 30 %. Le budget dévolu à la santé et au social a lui augmenté de 120 % ! Les aides vont parfois au-delà de ce qui est nécessaire (asile et exécution des mesures de renvois, aide au logement, etc). Le déficit chronique du CHUV reste un sujet de préoccupation constant.

Mais il y a tout de même quelques bons points : le Conseil d’Etat a décidé de mettre en application la réforme fiscale RIE 3. On attend avec impatience la date du vote populaire sur l’initiative «Une baisse d’impôt pour la classe moyenne» déposée par les jeunes PLR visant à accorder des réductions fiscales sur les primes-maladie. Et les investissements publics pour un montant de 429 millions (+23 millions par rapport à 2017) sont maintenus à un niveau élevé. A noter également l’effort consenti en matière de cyber-sécurité et en faveur des technologies numériques. Cet engagement financier doit être salué.

Au final, c’est du bout des lèvres que la majorité du groupe PLR a voté ce budget 2018. Le budget tel que présenté sans modification à la hausse. Avec de nombreuses abstentions et même quelques refus le plenum a suivi nos recommandations en refusant tout amendement proposant des hausses de charges. Heureusement.