Brexit : un plus ou moins pour la suisse

Par Laurent Wehrli, conseiller national

Plus avancent les difficiles négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE) sur les modalités de mise en œuvre du Brexit, plus la question de leur lien sur les relations entre la Suisse et l’UE est évoquée. Les réponses sont des plus variées, entre optimisme béat et pessimisme anxieux ! D’aucuns, à commencer par certains élus fédéraux, sont convaincus que les relations économiques entre la Suisse et le Royaume-Uni dépasseront celles avec les pays de l’UE. D’autres pensent que le Royaume-Uni va rejoindre l’AELE (Association européenne de libre-échange) et que là aussi les relations économiques entre nos deux pays vont en profiter.

D’autres, en revanche, estiment que l’UE, du moins la Commission, se devant d’être stricte avec le Royaume-Uni, en particulier sur les aspects des contributions financières et celui de la présence de citoyens européens en Grande-Bretagne et de citoyens britanniques dans les pays de l’UE, ne pourra pas l’être moins pour la Suisse. Ce qui représenterait de fortes complications à la mise à jour des Accords bilatéraux et à la conclusion des nouvelles dispositions indispensables entre la Suisse et l’UE. Ce qui aurait donc pour effet de péjorer la relation établie depuis la fin des années 90 et aurait des conséquences directes notamment sur le PIB suisse.

Où se situe la réalité ? Certainement dans un «entre-deux». Mais lequel ? Il est difficile actuellement de pouvoir répondre clairement à cette question vu les incertitudes nombreuses existant encore dans les formes réelles du Brexit. Certes, les questions de frontière, notamment entre l’Irlande du Nord (territoire britannique) et l’Irlande, pays membre de l’UE, ou les questions de quotas de pêche ne vont pas impacter directement nos relations actuelles et futures avec l’UE. Mais les autres objets clés cités précédemment, oui.

Le cumul des deux calendriers peut, de manière similaire, être positif ou négatif. Positif dans le sens où si le Royaume-Uni obtient certaines décisions qui pourraient être aussi utiles à la Suisse – par exemple en regard du cadre juridique et du suivi du droit européen et national – alors l’UE ne pourra pas ne pas les appliquer aussi pour nous. Négatif, car si l’UE tient une position ferme face au Royaume- Uni, alors elle devra aussi être ferme avec nous ! Or, tout le monde sait combien les Accords bilatéraux Suisse-UE ont été et sont favorables à notre pays et son économie. Mais ces Accords datent maintenant de près de 20 ans et comme ils sont «figés», selon l’expression consacrée, il faut bien envisager de les adapter à l’évolution de nos sociétés et de nos relations. Or, cette nécessaire mise à jour risque bien de subir la «même fermeté» de la négociation parallèle !

En complément, la Suisse doit finaliser une autre négociation avec le Royaume-Uni pour définir le cadre des relations futures, réglé aujourd’hui par les Accords bilatéraux. Ceci est évidemment important pour plusieurs domaines, comme celui des liens avec la place financière de Londres, qui demeurera évidemment même après le Brexit. Ceci concerne directement le bassin lémanique.

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