Article à la une du dernier TRIBUNe

L’état, cet acteur si souvent décrié...

par Fabienne Guignard, rédactrice en chef 

Rappelons-nous de la crise de 2008 où les états ont sauvé les banques mais où leurs dettes souveraines ont pris l’ascenseur… L’état a fait son boulot. Il est absolument indispensable en période agitée.

 

La crise sanitaire et économique que nous vivons actuellement montre les limites de la liberté d’action des entreprises. L’état doit venir à leurs secours et c’est d’ailleurs son rôle premier. Et il le fait. L’économie d’un pays a besoin d’un État solide, de gouvernants et d’élus compétents sans oublier des pouvoirs publics organisés et réactifs pour assurer les tâches régaliennes.

Au front, on retrouve les personnels de santé, les personnes en charge de la logistique, les conducteurs de bus, les vendeurs en alimentation, les pharmaciens, et bien d’autres. Il faut les remercier de leurs engagements pour la communauté. Ils prennent des risques.

Nous avons assisté ces derniers jours à une succession d’annonces et de points presse des différentes autorités du pays. Des messages du Conseil fédéral ou de gouvernements cantonaux que le monde économique attendait avec fébrilité, car il fallait des mesures fortes, immédiates car indispensables à la sauvegarde des emplois. L’économie aujourd’hui ne mène plus le jeu seule. Peut-être l’avait-elle un peu oublié… Son rôle sera de trouver des solutions créatives pour l’avenir et remettre la société à flot, différemment. Elle saura le faire.

L’état a mobilisé l’armée et la protection civile avec leurs caractéristiques fortes : l’organisation et la mise en œuvre. Elles savent faire. Notre système fédéraliste dont nous sommes si fiers montre pourtant ses faiblesses quand il s’agit de se coordonner en période de crise, d’assurer la cohérence des décisions. Il y aura des correctifs à apporter, des leçons à tirer pour rebondir…

Un système démocratique n’a pas les mêmes «atouts» en matière d’ordre qu’un système totalitaire. Je préfère vivre en démocratie pourtant…

Le Conseil fédéral est aujourd’hui à la hauteur de la tâche. Le Canton agit vite et bien. Cessons de critiquer en permanence leurs décisions. Il y a manifestement beaucoup de lauréat du Prix Nobel en épidémiologie qui s’ignorent… Autant de spécialistes en gestion de crise… On est tous plus intelligents après… Revenons sur terre. La démocratie a pour valeur fondamentale la responsabilisation individuelle et la solidarité. On attend donc des citoyens de faire preuve de civisme en écoutant les prescriptions de sécurité.

Être libre ne signifie pas faire ce que l’on veut tout le temps. Une société doit avoir des règles pour vivre ensemble et assurer la cohésion et soutenir les plus faibles. On le vit actuellement. Mais l’état ne peut pas tout comme le libre marché n’est pas sans contrainte. Aujourd’hui agissons ensemble, état, monde économique, citoyens pour venir à bout de cette horrible pandémie qui de toutes les manières laissera des traces. Nous avons en Suisse la grande chance d’avoir des finances saines qui permettront de soutenir les entreprises et les individus autant que possible. Ce n’est pas le cas dans tous les pays.

 

Le Conseil fédéral est aujourd’hui à la hauteur de la tâche.
Le Canton agit vite et bien.

Cessons de critiquer leurs décisions.