Article de la dernière édition de TRIBUNe - juin 2020

Politique fédérale

Mariage pour tous

par Floriane Wyss, secrétaire générale PLR Vaud

Certaines évidences actuelles ont un jour pu paraître inconcevables alors qu’elles sont aujourd’hui indiscutables. La société évolue et fort heureusement ! L’égalité fait partie de ces combats qui peuvent parfois, voire souvent, paraître absurdes tant cela devrait aller de soi. Le mariage pour tous en fait partie.

À ce jour, les couples homosexuels peuvent seulement conclure un partenariat enregistré, s’apparentant, comme beaucoup le disent, à un mariage au rabais puisqu’il n’accorde pas les mêmes droits et impose des procédures plus longues, plus lourdes et plus complexes.

L’adoption d’un enfant par un couple du même sexe peut par exemple ressembler à un véritable parcours du combattant. Ainsi, et même si la Chambre haute doit encore se prononcer à ce sujet, la date du 11 juin 2020 est donc, quoi qu’il arrive, à marquer d’une pierre blanche. En effet, le Conseil national a (enfin !) accepté – et bien au-delà des espérances (132 voix contre 52 et 13 abstentions) l’initiative parlementaire «Mariage civil pour tous» déposée en 2013 déjà.

En quelques mots, cette initiative vise l’égalité en termes de reconnaissance et de traitement entre tous les couples. Ce projet de loi ne permet pas uniquement aux couples de même sexe de conclure un contrat de mariage, mais autoriserait également les couples de femmes à recourir au don de sperme. Évidemment, cela en a fait hurler plus d’un. Les détracteurs affirment qu’un enfant de parents homosexuels sera forcément malheureux et que ce besoin exprimé est le fait d’adultes qui ne pensent qu’à leur bonheur personnel. Mais qu’en est-il des parents hétérosexuels ? Sont-ils tous nés pour être de bons parents ? La réponse est clairement «non». Ne nous méprenons pas et faisons preuve de bon sens.

La qualité de vie et d’éducation d’un enfant ne dépend pas de l’orientation sexuelle de ses parents. Ce qui compte, c’est notamment l’environnement dans lequel il peut s’épanouir et grandir ainsi que la manière dont il est encadré et aimé. Sans pour autant nier l’origine biologique de la procréation, c’est sur le plan culturel qu’il faut évoluer à ce sujet.

Heureusement, le Conseil national, en  tant que Chambre du peuple, a montré qu’il savait évoluer, entendre et représenter, comme son nom l’indique, «le peuple», ce peuple qui, comme l’a révélé un sondage de gfs.bern en février dernier, se déclare très largement favorable à l’égalité des droits pour tous les couples. Ce vote de la Chambre basse est ainsi un signal fort et une réelle avancée vers plus d’égalité. Finalement, plus la population se sentira entendue et reconnue, mieux elle se portera et plus la confiance envers le monde politique sera forte.

 

La qualité de vie

et d’éducation d’un enfant

ne dépend pas de l’orientation sexuelle

de ses parents.