Géopolitique des énergies

Par Laurent Wehrli, conseiller national

La situation de crise que nous connaissons depuis le 24 février 2022 avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie est multiple et a de nombreuses conséquences. Parmi ces dernières, il convient de relever celles touchant l’énergie, les énergies devrions-nous dire, et leurs effets pressentis sur la vie économique et humaine des sociétés concernées.

L’une des conséquences est clairement une redéfinition de la géopolitique des énergies. Ainsi, des Etats considérés comme « à problème », notamment au sujet de leur respect relatif des Droits de l’Homme, sont devenus plus fréquentables en regard des besoins des pays occidentaux en pétrole ou en gaz, pour citer ces deux énergies. Ainsi, l’Accord avec l’Iran a pu être relancé, à la suite de nouvelles propositions de la Commission européenne, notamment d’augmentation de quantités autorisées d’uranium enrichi pour usage militaire. Rien n’est encore décidé, mais on peut se douter que cette « coïncidence » est liée à l’espoir de voir le pétrole iranien à nouveau délivré, ce qui conduirait à une offre plus grande et donc moins de risque de pénurie et aussi une baisse des prix !

La géopolitique de l’électricité connaît aussi de fortes évolutions. Ici, cela concerne surtout les relations avec nos pays voisins. Et il faut reconnaître que la décision du Conseil fédéral de stopper les négociations avec l’Union européenne, le 26 mai 2021, ne facilitent hélas pas la recherche de bonnes et rapides solutions, d’autant plus que nos pays voisons ont leurs besoins et leurs priorités, bien évidemment orientés en premier pour leur population et leur économie. Comment avancer dans un tel contexte complexe ? C’est une question essentielle pour la Suisse et il faut espérer que les blocages habituels dès qu’on évoque l’Europe auprès de certains milieux politiques suisses soient levés en regard des besoins et de l’urgence !

Il faut aussi espérer que les blocages habituels en regard de la protection de l’environnement en Suisse puissent évoluer rapidement pour faciliter un développement coordonné d’actions en faveur des énergies renouvelables en Suisse lors de ces prochains mois. En effet, face à cette évolution de la géopolitique des énergies, avec tous les risques inhérents liés, il faut savoir se rappeler le bon adage « Aide toi… » ! Certes toutes les solutions ne se trouvent pas en Suisse, mais plusieurs existent dans notre pays, en particulier dans le secteur des énergies renouvelables, et c’est heureux dans le cadre de l’indispensable lutte pour le climat !

Mais pour cela, un nouveau rythme doit être pris. Les évolutions de la géopolitique des énergies et la lutte pour le climat nous y incitent. Nos autorités et administration doivent en être des moteurs et des exemples. Par exemple pour mettre en œuvre rapidement la motion de notre Conseiller aux Etats Olivier Français pour une meilleure utilisation photovoltaïque des toits des bâtiments fédéraux. Par exemple pour réaliser rapidement le rehaussement des barrages, selon le recensement du Conseil fédéral et pour lesquels des organisations et mouvements de protection de l’environnement ont annoncé récemment qu’elles ne s’y opposeraient pas !

Agir et ne pas subir ! Un autre adage « suisse » qui doit toutes et tous nous motiver !