La prévoyance vieillesse : un sujet primordial

par Marc-Olivier Buffat,

président du PLR Vaud, député

Plus de quatre Vaudois(es) sur cinq ont accepté le projet RFFA, lequel prévoit un refinancement à court terme de l’AVS par une augmentation modérée de la TVA. Au soir des résultats, le conseiller fédéral Alain Berset a rappelé qu’il ne s’agissait que d’une étape et que d’autres réformes seront nécessaires.

La prévoyance vieillesse est l’une des premières préoccupations des Suisses. Il convient de redonner confiance aux citoyens en assurant la pérennité du système de retraite, qu’il s’agisse du 1er pilier (AVS) et 2e pilier (LPP) ou du 3e pilier (prévoyance individuelle).

Lors de son dernier congrès, le PLR Suisse a adopté une résolution donnant des options claires qui permettent d’affronter avec courage et volonté l’arrivée des «papy boomers».

L’âge de la retraite ou l’âge guillotine ne correspond plus à l’évolution structurelle et moderne de la société. Une transition en faveur de la flexibilité du départ à la retraite correspond donc à une nécessité, ainsi qu’à la volonté des Suisses de pouvoir rester actifs plus longtemps et sans que la réglementation de l’AVS ait un effet pénalisant. Celui qui continue à travailler au-delà de l’âge prévisible de la retraite devrait pouvoir obtenir une rente plus élevée.

Afin de garantir le financement de l’AVS, le PLR est disposé à tendre la main à une hausse modérée de la TVA, déjà concrétisée dans la RFFA. à l’aune de l’égalité, l’âge de la retraite doit également être uniformisé. Il convient en outre dès aujourd’hui de définir les paliers pour une augmentation progressive de l’âge de la retraite qui corresponde à la forte augmentation de l’espérance de vie dans notre pays.

S’agissant du 2e pilier, la dépolitisation du taux de conversion qui suscite des débats à chaque adaptation devrait faire l’objet de critères de définition permettant une certaine prévisibilité par rapport à l’évolution démographique. Le système de cotisation salariale en fonction de l’âge doit être revu et adapté à des réalités sociétales qui ont profondément changé depuis 1985. Un taux de cotisation mieux lissé éviterait de pénaliser les seniors et l’obligation de cotiser étendue aux plus jeunes travailleurs, même en dessous de 25 ans. Il en va de la cohésion intergénérationnelle. L’accès au 2e pilier doit également être facilité par un encouragement ou une fiscalité améliorée.

Osons même aller plus loin en proposant une réforme permettant à l’époux ou à l’épouse qui suspend son activité professionnelle, ou y renonce, de continuer à cotiser un montant minimal au 2e pilier.

Quant au 3e pilier, les études récentes démontrent que celui-ci est trop souvent négligé. Un relèvement des montants maximum permettrait de l’encourager. De même, il devrait être possible de racheter les années perdues comme pour le 2e pilier. Par souci d’égalité, le rachat des cotisations au 3e pilier pour le conjoint inactif professionnel devrait être possible. Le 3e pilier devrait également permettre d’imaginer des solutions pour une prévoyance liée au logement, respectivement au logement protégé, pour garantir des structures d’accueil adéquates et plus souples que les EMS et qui pourraient être préfinancés durant la vie active.

En conclusion, la sécurité de nos rentes dépend de notre capacité à adapter régulièrement le système aux nouvelles réalités sociales. La force d’un pays ne se mesure pas seulement à ses acquis ou à son PIB, mais à sa capacité à adopter des réformes structurelles qui permettent à chacun d’envisager une retraite digne de ce nom dans des conditions acceptables.